Hypnose et Confinement

Pauline Conti

10 novembre 2020

Nous y sommes. Deuxième confinement en moins de six mois. Le spectre de la maladie pour soi et pour les autres rode et les limitations physiques imposées par le couvre-feu et les restrictions vont et viennent. Pour cela, des mots existent, même s’ils ne retranscrivent pas totalement le désarroi, l’incertitude, l’inquiétude. Ces émotions plutôt désagréables et vécues généralement en discontinu tendent à devenir un pont presque solide entre les individus.

Dans ce contexte, le confinement psychologique n’est-il pas l’ennemi invisible ? L’être humain est un faiseur de projets, de projections, de besoins. Le besoin présent se vit inexorablement dans l’avenir tellement il est anticipé, rêvé, désiré. Le projet colore le présent et s’ancre dans le quotidien par des actions, des décisions ou des concertations. La Liberté de l’Homme s’inscrit pleinement dans cette capacité, et dans cette nécessité presque existentielle, à aller de l’avant. C’est précisément de cette Liberté dont il est question en cabinet de thérapie et qui se vit intensément depuis ces derniers mois.

Dans ma pratique professionnelle de relation d’aide, j’ai choisi de travailler avec deux approches. Celle du conscient, et celle de l’inconscient. La crise sanitaire que nous vivons actuellement a poussé nombre d’entre nous à exploiter à 100% l’esprit conscient qui ne représente pourtant que 10% de l’esprit. L’information a été une nourriture parfaite pour alimenter notre conscience, friande d’analyse, de rationalité, à grands coups de chiffres, et surtout d’incertitudes. Pour amoindrir l’incertitude, fabriquer de la certitude, avec toujours plus d’information journalistique… ou non.

Davantage, il m’est apparu nécessaire de parler de la pratique de l’hypnose à des clients qui venaient consulter pour du coaching de vie ou de la thérapie. Vouloir comprendre peut devenir l’ennemi, donner la part belle à son inconscient, en s’en remettant totalement à lui, peut créer une fenêtre à l’intérieur de soi.

L’hypnose éricksonienne, telle que je la pratique, est une thérapie dite brève et orientée solution. Mais avant tout, elle se pratique avec l’inconscient, la partie qui occupe près de 90% de l’esprit de l’être humain. Se tourner vers son inconscient, c’est se tourner vers la partie droite du cerveau, vers le lieu des ressources et d’un potentiel insoupçonnés, là où se côtoient la créativité, l’intuition et la sensibilité.

En hypnose éricksonienne, l’inconscient décide seul de ce qui est bon de mettre à disposition dans la vie de la personne (ressource, savoir, comportement, outil). A cet endroit, pas de « tu devrais… » ou « il faut que… » : la liberté qu’a l’inconscient de créer la solution n’a de limite que le souhait qui a été exprimé consciemment par le patient. Si une personne émet le souhait de ressentir davantage de sérénité dans son quotidien par exemple, alors l’inconscient choisira une solution sur mesure. Peut-être s’agira-t-il d’un nouveau comportement, d’une nouvelle capacité relationnelle ou encore d’un savoir qui avait été oublié et remis au goût du jour ?

Suivre une thérapie brève par l’hypnose implique de vouloir suivre une thérapie brève par l’hypnose. En tant que thérapeute, je ne peux évidemment rien imposer, par déontologie d’abord mais surtout par philosophie. Une personne qui veut laisser le mental et le contrôle dehors pour quelques minutes, en acceptant de passer le relai à son ami Inconscient, se fait un joli cadeau.